" Comment j'ai géré ma start-up depuis le fin fond du Bush Australien "

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" Comment j'ai géré ma start-up depuis le fin fond du Bush Australien "

Aujourd'hui, Ulysse Armengaud, étudiant à l'Ecole Centrale de Nantes, nous raconte comment il a réussi à gérer sa start-up alors qu'il était à 16 000km de tout !

Ulysse Armengaud raconte l'aventure School Phenomenon

" En 2013, en parallèle avec ma première année d'école d'ingénieur à Centrale Nantes, je me suis lancé dans l'aventure startup en fondant School Phenomenon. Avec un de mes meilleurs amis, on s'est rendu compte que c'était souvent très compliqué pour les étudiants de trouver des fournisseurs pour leurs sweats de promo ou leurs polos d'associations. D'où l'idée de créer une boutique en ligne de produits étudiants personnalisés, et qui accentue l'aspect collaboratif de la commande. Je crois qu'on répondait à un vrai besoin avec cette entreprise, parce que dès le début, on a eu beaucoup plus de succès qu'on ne l'avait prévu!

Et puis en 2015, pour ma 3e année, j'ai choisi de terminer mes études à Melbourne, en Australie.

Faire une année à l'étranger est une expérience formidable. Pour moi, cela a été l'occasion de découvrir un nouveau pays, une autre culture, de perfectionner mon anglais, d'avoir un diplôme
international… Et globalement de sortir de ma zone de confort, de mes habitudes et mon cadre de vie français, et de faire des expériences de vie entièrement différentes, et l'apprentissage d'autres façons de penser. Pour couronner le tout, Melbourne est une ville très dynamique en matière d'entrepreneuriat, et il n'y a pas meilleur endroit pour se plonger dans l'écosystème des startups australiennes.

Ulysse Armengaud raconte l'aventure School Phenomenon

Le seul problème avec cette décision, c'est qu'à ce stade, même si Jimmy, mon associé, était toujours là comme soutien logistique et financier, je gérais School Phenomenon plus ou moins tout seul.
C'est là que le défi se posait: comment garder mon entreprise à flot, en vivant à 16.000 km des clients, avec un décalage horaire de 10h, tout en gérant mes études et le dépaysement de la vie australienne en parallèle ?

Plusieurs difficultés se posaient en arrivant. Avec mes études, les projets de groupe et le rythme de vie local, je me retrouvais brutalement avec beaucoup moins de temps disponible pour School Phenomenon, une marge d'action réduite par la distance, et des horaires chamboulés par le décalage horaire.

Bon, j'avais quelques atouts en main, comme d'avoir un portefeuille client déjà établi au cours des deux années précédentes. J'avais aussi la chance d'avoir un associé et ma famille en France, prêts à intervenir en cas de problème. Quand on se lance dans une entreprise compliquée,
s'encorder est toujours une bonne idée !

Mais le plus important restait de savoir s'imposer un rythme et des horaires, de se fixer des objectifs, et s'y tenir. Avec un temps de travail réduit, il a fallu apprendre à prioriser et à aller à l'essentiel. Je consacrais plusieurs heures de la nuit à mon projet, et au contact avec clients et fournisseurs. Pendant les vacances et les weekends, je ne déviais pas de mes objectifs, et même dans les road trips entre amis, je me levais plusieurs heures avant tout le monde pour travailler tant bien que mal, sous la tente, en exploitant le peu de connexion internet que j'arrivais à trouver.

Réussir un tel projet repose aussi beaucoup sur l'anticipation. Ça va du coup de collier à mettre
avant la période d'examens pour se dégager du temps de révision, à la préparation d'une
randonnée de 5 jours en Tasmanie, dans un coin magnifique mais complètement dépourvu de
connexion : il fallait faire à l'avance le maximum de tâches, organiser mon planning en conséquence, prévenir les clients. Et bien sûr, j'ai dû rester réaliste et faire des concessions.

Comme c'est impossible de tout faire en même temps, j'ai dû à la fois trouver la frontière entre nécessaire et accessoire dans mon travail, et sacrifier certains départs en weekend.

Mais si j'ai retiré une qualité de mon expérience c'est la flexibilité : je sais maintenant travailler n'importe où, dans n'importe quelles conditions, et m'adapter aux imprévus !

Ulysse Armengaud raconte l'aventure School Phenomenon

Si c'était à refaire, je repartirais sans hésitation.
Tout ce que cette expérience m'a apporté compense largement les difficultés que j'ai rencontrées en chemin. Je crois d'ailleurs que de devoir relever ces défis, non seulement m'a permis d'apprendre et de développer des compétences, mais a largement renforcé mon attachement et ma détermination pour mon projet.

L'avantage du départ, c'est que ça m'a permis de me donner de l'ambition, d'abord en découvrant ce qui se fait dans la communauté australienne et en y puisant de l'inspiration, et surtout, en me donnant du mal pour mon projet, en faisant face et en triomphant de la difficulté, et en me rendant compte qu'on peut aller où on veut avec un peu de détermination."


Pour en savoir plus, rdv sur :
Le site de School Phenomenon
Le blog des assos étudiantes